Clédat & le mystère du village abandonné

Nos coins secrets

"Pour vivre heureux, vivons cachés"... Telle aurait pu être pendant des siècles la devise des habitants du ravissant village de Clédat, quelque part au milieu de nulle part et hors du temps pour toujours, sur le rebord Sud-Ouest du Plateau de Millevaches.

Tour à tour insolite, mystérieux, charmeur et captivant, il invite le visiteur à une passionnante déambulation pour découvrir une histoire riche dans un cadre naturel exceptionnel…

Une situation singulière

En arrivant de Grandsaigne ou Bonnefond, c'est piste forestière de rigueur, mais parfaitement carrossable, pour rejoindre les lieux. On serpente alors dans l'épaisse forêt de Larfeuil tout en gardant un peu de vigilance, si par hasard un petit personnage légendaire venait à apparaître, tant les alentours semblent receler de mystères… Au milieu d'une clairière et lové dans un vallon verdoyant, le village apparaît soudain, lumineux dans son cadre enchanteur, comme sorti d'un conte de fée et apprêté tel un décor de cinéma !

Dominant la vallée de la Corrèze naissante à presque 800 mètres d'altitude, Clédat est admirablement situé et ses quelques chaumières, chapelle et maisons ruinées sont éparpillées au milieu de blocs rocheux comme surgis de terre.

Une si longue histoire

Ici, on devine que l'histoire a fait son œuvre et les origines du village remontent au 12ème siècle, quand l'évêché de Limoges souhaite créer un lieu d'accueil pour les voyageurs et pèlerins dans cette contrée reculée du plateau de Millevaches. Un hospice est alors fondé et une petite chapelle édifiée, dédiée à Sainte-Magdeleine. L'activité va alors bon train et le village va se développer autour de sa chapelle, attestée paroisse jusqu'au 17ème siècle. S'ajoute à la communauté religieuse une population agricole qui va s'installer durablement, défrichant des terres où culture du blé et élevage prospèrent.

Mais les voies de circulation évoluent et pèlerins et voyageurs disparaissent peu à peu, entrainant la fermeture de l'hospice. Le hameau va quand même garder son prieuré et une relative prospérité au XIXe siècle car on vient de loin pour les fêtes de Sainte-Magdeleine et pour la bonne fontaine du même nom, réputée pour soigner les maladies de peau.

En 1901, Clédat compte encore 37 habitants mais son isolement et l'éloignement des voies de communication le condamnent inexorablement… Las, sans électricité, eau courante et téléphone, les derniers habitants l'abandonnent en 1963.

L'heure de la renaissance

Le domaine est alors racheté par un Groupement Forestier puis, en 1989, les 221 hectares sont acquis par l'Office National des Forêts. A la fin des années 90, les communes de Grandsaigne, Bonnefond et Pradines se mobilisent pour la sauvegarde du village et la création de la dynamique association "Renaissance des vieilles pierres entre Millevaches et Monédières" va être déterminante pour en faire un pôle touristique et culturel du PNR Millevaches.

Restauration, valorisation et animation remplacent peu à peu la nostalgie et seront désormais le credo des bénévoles qui œuvrent passionnément pour donner sens, contenu et avenir à ce beau patrimoine depuis une vingtaine d'années. En points d'orgue, la restauration de la chapelle Sainte-Madeleine ou l'organisation de fêtes et animations dignes de celles d'antan comme la Fête des Roses et les Pastorales de Clédat.

Quiétude et méditation

Venir à Clédat se mérite mais l'association aime recevoir et le montre : l'entretien du domaine est irréprochable, la chaumière aménagée ne demande qu'à vous accueillir en été et les multiples panneaux vous guident on ne peut mieux dans le village et même bien au-delà !

L'endroit dégage une sacrée atmosphère et le charme opère irrésistiblement… Chaumières, vieilles pierres, adorable chapelle, arbres remarquables, chaos rocheux et même un surprenant jardin de sculptures en pierres de Michel Kirsch en font un lieu extraordinaire et apaisant ! A ce sujet, la porteuse d'eau, sur le chemin de la fontaine en bas du village, est en parfaite harmonie.

A ne pas manquer non plus l'intéressante et très documentée exposition sur les vieux outils de labour.

Des randonnées... et quelques surprises ! 

Les chemins de randonnées, entretenus et balisés avec soin, foisonnent et la forêt de Larfeuil vous dévoile peu à peu ses secrets : la bonne fontaine Ste-Magdeleine, retrouvée à l'aide d'un radiesthésiste et même d'incantations divines, la sape des Maquisards, sorte de planque contre l'ennemi, le tumulus Gaulois, les beaux étangs ou le superbe panorama du Rocher sur la vallée de la Corrèze, avec son énorme veine granitique.

Village abandonné… Vraiment ?

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