L'aventurier des gorges perdues

par Gilles

Si la Corrèze brille naturellement par son patrimoine et ses paysages, elle est aussi un formidable terrain de jeu pour les amateurs de sensations fortes en offrant des expériences sportives vraiment singulières ! Le canyoning dans les gorges du Chal en est un bel exemple. Ça vous tente ? Voici donc le récit de mon aventure in situ…

Un site exceptionnel

Réservation en poche, voici le jour J avec un point de rendez-vous au milieu de nulle part et pourtant immanquable. Mes deux guides m'attendent tout sourire au bas de la voie de canyoning. Nous sommes en bordure de Dordogne près du pont du Chambon, sur la commune d'Auriac et partons sans attendre à l'assaut du plateau de la Xaintrie par une petite route sinueuse qui nous conduit près du rebord du canyon, soit 263 m plus haut ! On est presque au bout du monde, quelque part entre ciel et terre, en surplomb des gorges de la romanesque "Rivière Espérance". Contemplatif, je regarde le soleil se frayer un passage dans la brume matinale, annonçant une journée splendide, ainsi que le majestueux toboggan naturel où minéral et végétal nous jouent l'harmonie parfaite. Le grondement du torrent assurant l'ambiance sonore, une beauté sauvage se dégage du site et j'avoue être un peu impressionné mais aussi subjugué par l'endroit…

Un encadrement premium 

Sympas et relax, Maxence et Valy sont deux professionnels reconnus du canyoning, entre autres, ce qui n'est pas de trop pour me rassurer avant de connaitre le grand frisson et de me mettre dans le bain… plutôt au sens propre. Toutes les consignes de sécurité sont scrupuleusement déclinées, comme l'utilisation du matériel type escalade ou les principes de progression dans ce milieu encore hostile pour moi. J'enfile donc ma combi néoprène, mon casque, le harnais avec les mousquetons et je ressemble bientôt à un super "warrior" dans je ne sais quelle superproduction, cette idée m'enhardissant soudain… Tout au long de notre fabuleux périple, mes deux "anges gardiens" feront preuve d'un professionnalisme, d'une patience (si, il en fallait…) et d'une maitrise de leur art réellement impressionnants, leur connaissance du canyon étant sans faille… si on peut dire.

Des sensations extrêmes

Bravache, j'ai bien sûr opté pour l'intégralité du parcours soit environ 4 heures de descente, le rassurant adage "A cœur vaillant rien d'impossible" me confortant dans mon choix. "Allez ! On y va !" lancent de concert Maxence et Valy avec un large sourire. Alea jacta est pensais-je et nous débutons en douceur par une marche sur un sentier presque délicat, comme pour mieux introduire la suite. La végétation est luxuriante et l'air est embaumé par les fragrances de la nature dans un écosystème intact, l'écho du torrent dans le canyon en rajoutant encore côté atmosphère. Mais on ne tarde pas à rentrer dans le vif du sujet et je ressens une vraie montée d'adrénaline avant le franchissement en rappel de la première cascade, plutôt intimidante avec sa quinzaine de mètres, plusieurs autres de difficulté variable jalonnant la rude pente. Les conseils et l'expérience de mes deux "spécialistes" sont précieux et la sécurité, omniprésente, est très rassurante dans notre progression. Je bois donc chaque fois leurs paroles… avant la tasse, le débit d'eau étant assez généreux. Je prends peu à peu de l'assurance en même temps qu'un réel plaisir, conscient que je vis là un moment absolument exaltant et sensationnel, loin de ma zone de confort ! Nous enchainons ainsi, autant que faire se peut, les descentes en rappel, les sauts dans les vasques, les glissades dans les toboggans naturels, le tout ponctué de plages de marche qui permettent de récupérer car l'engagement physique est important et l'eau plutôt fraîche ! Mes "mentors" d'un jour m'impressionnent par leur aisance déconcertante en toute situation, connaissant le moindre rocher et le moindre recoin du canyon, presque fusionnels avec ce milieu naturel.

Une expérience inoubliable

Après une pause ravitaillement bien appréciée et fleurant bon la convivialité, les difficultés s'amoindrissent en même temps que la pente et l'arrivée se profile déjà à la confluence de la belle Dordogne. Je suis fourbu et pourtant hilare, tellement fier d'avoir vaincu le canyon des gorges du Chal ! Je regarde avec une infinie gratitude Maxence et Valy qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour que cette expérience demeure longtemps gravée dans ma mémoire !

Je me dis aussi que la Corrèze n'a pas fini de nous surprendre et que vous êtes peut-être le prochain aventurier à relever les défis qu'elle vous lance ?

 

J'y vais ! 

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